Valise de saison

Preparer sa valise pour un hiver entre marches de Noel et villes nordiques

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Il y a deux types d’hiver que je prepare chaque annee, et ils n’ont presque rien en commun. Le premier, c’est celui des marches de Noel en Alsace ou en Allemagne, ou l’on marche beaucoup, dehors, dans un froid sec qui mord les doigts autour d’un vin chaud. Le second, c’est celui des villes nordiques comme Copenhague ou Tallinn, ou le froid s’accompagne d’un vent humide qui traverse les couches si elles ne sont pas pensees correctement. Ma valise change du tout au tout selon lequel des deux m’attend.

Le froid sec des marches de Noel

A Colmar, en decembre, j’ai passe des soirees entieres a deambuler entre les chalets illumines, un gobelet de vin chaud a la main, dans un froid qui descend facilement en dessous de zero apres dix huit heures. Ce type de froid se gere bien avec des vetements chauds classiques, tant qu’on evite l’humidite : un manteau bien rembourre, une seconde couche en laine, et surtout des accessoires qui protegent les extremites, parce que ce sont toujours les mains, les oreilles et les pieds qui lachent en premier.

Je pars systematiquement avec un bonnet qui couvre bien les oreilles, pas un bonnet decoratif trop fin, et des gants epais plutot que des mitaines, meme si ces dernieres tiennent plus chaud, parce qu’elles empechent de tenir un appareil photo ou de compter la monnaie devant un stand de bredele.

Le froid humide des villes nordiques

A Copenhague, en janvier, le thermometre affichait des chiffres proches de ceux de Colmar, mais la sensation etait totalement differente. Le vent venu de la mer traverse les vetements mal choisis en quelques minutes, et j’ai compris cette annee la que le froid nordique se combat avec des matieres techniques plutot qu’avec de l’epaisseur brute. Une premiere couche respirante, une couche intermediaire en laine merinos, et une veste exterieure vraiment coupe vent et impermeable, meme si elle ne semble pas la plus chaude visuellement.

C’est un principe que j’applique aussi a Tallinn ou a Stockholm : mieux vaut trois couches techniques fines qu’un seul manteau tres epais mais qui laisse passer le vent au niveau du col ou des poignets.

Les chaussures, la piece la plus critique de l’hiver

Je n’ai jamais regrette d’investir dans une paire de chaussures d’hiver vraiment impermeables et a semelle antiderapante. Sur les paves geles de Riga ou les trottoirs verglaces de Vienne autour des marches de Noel, une semelle lisse transforme chaque sortie en exercice d’equilibre. J’ajoute toujours des chaussettes chaudes en laine, jamais en coton, parce que le coton retient l’humidite et refroidit le pied bien plus vite qu’on ne l’imagine.

L’hiver ne pardonne pas les approximations, surtout au niveau des pieds et des mains.

Les journees courtes changent le rythme, pas seulement la tenue

Ce que l’hiver modifie le plus, au dela des vetements, c’est la structure de la journee elle meme. A cette periode, le jour tombe parfois des seize heures trente dans le nord de l’Europe, ce qui pousse a organiser les visites exterieures le matin et a garder les musees ou les cafes pour la fin d’apres midi. J’emporte toujours une lampe frontale legere dans le sac, utile pour les balades en foret ou dans des villages sans grand eclairage public en debut de soiree.

Cette saison m’a aussi appris a apprecier les pauses chaudes comme faisant partie integrante du voyage, pas comme une interruption. S’arreter pour un chocolat chaud ou un gluhwein n’est pas une perte de temps quand les mains commencent a s’engourdir, c’est une etape du parcours au meme titre qu’une visite.

Un sac pense pour le froid

Je choisis un sac avec des poches exterieures faciles a ouvrir avec des gants, pour eviter de devoir se degeler les doigts a chaque fois qu’il faut sortir un billet de train ou un telephone. Un detail qui parait mineur en ete, mais qui devient essentiel des que la temperature descend sous zero pendant plusieurs jours consecutifs.

Je garde aussi une petite bouteille thermos dans le sac, remplie a l’hotel ou dans un cafe le matin, qui evite d’avoir a chercher un point chaud toutes les heures pendant les longues marches entre deux marches de Noel ou deux quartiers d’une ville nordique.

La batterie du telephone n’aime pas le froid non plus

C’est un detail que j’ai neglige pendant plusieurs hivers avant de vraiment m’y interesser : le froid vide une batterie de telephone bien plus vite qu’une temperature normale, parfois de moitie en quelques heures passees dehors. A Tallinn, mon telephone est tombe a court d’energie en plein apres midi alors qu’il affichait encore quarante pour cent au moment de sortir de l’hotel. Je pars maintenant avec une petite batterie externe gardee proche du corps, dans une poche interieure du manteau plutot que dans le sac exterieur, parce que la chaleur du corps ralentit un peu la decharge causee par le froid ambiant.

Je pense aussi a garder les cartes de transport et les billets papier dans une poche facile d’acces, parce que fouiller un sac avec des gants epais devant une machine a composter, sous la neige, fait perdre un temps precieux et attire vite l’attention des voyageurs presses derriere soi.

Ma liste de base pour dix jours d’hiver

  • Une premiere couche technique respirante et un pull en laine merinos
  • Un manteau ou une veste vraiment coupe vent et impermeable
  • Bonnet couvrant les oreilles, gants epais et echarpe en laine
  • Chaussures impermeables a semelle antiderapante et chaussettes en laine
  • Une lampe frontale legere et une petite bouteille thermos

Ce qui distingue l’hiver des autres saisons, c’est qu’il ne laisse pas de place a l’improvisation une fois sur place : un mauvais choix de chaussures ou de gants se ressent immediatement, sans possibilite de compenser en cours de route comme on peut le faire au printemps avec une veste retiree a temps. C’est aussi ce qui rend cette saison si satisfaisante quand la valise est bien pensee, on marche des heures dans le froid sans jamais y penser vraiment, et c’est la que le voyage devient agreable.

La lettre de saison

Une lettre au changement de saison

Quatre fois par an, je résume ce qui vaut le détour dans les trois mois qui viennent : où partir, quelle semaine viser, quoi emporter.

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