Valise de saison

Ma valise d’automne pour un city trip entre pluie fine et lumiere doree

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L’automne est ma saison preferee pour un city trip, et c’est aussi celle ou je passe le plus de temps a hesiter devant mon lit rempli de vetements avant de fermer la valise. Entre septembre et novembre, il faut habiller un corps qui traverse une gare froide le matin, une terrasse ensoleillee a midi, et une averse fine en fin de journee, souvent dans la meme ville.

Ce que l’automne fait vraiment a une ville

A Lyon, fin octobre, j’ai marche dans les traboules sous une lumiere basse et doree qui donnait aux facades une couleur presque cuivree, avant de me retrouver trempee vingt minutes plus tard par une pluie fine venue de nulle part. C’est cette alternance qui definit l’automne pour moi : des journees courtes, une lumiere magnifique mais fragile, et une humidite qui s’installe des que le soleil disparait derriere les toits.

A Strasbourg, autour des marches de producteurs du dimanche matin, le froid est souvent plus mordant qu’on ne l’imagine en consultant les previsions, a cause de l’humidite qui remonte du canal. Ce sont des details qu’aucune application meteo ne rend vraiment, et qu’on apprend surtout en les vivant une fois, les mains gelees devant un stand de chataignes grillees.

La superposition, encore et toujours

Le principe reste proche du printemps, mais avec une couche supplementaire. Je pars avec un premier tee shirt a manches longues, un pull en laine fine, et une veste impermeable qui coupe vraiment le vent, pas seulement une coupe vent decorative. Cette derniere piece est celle sur laquelle je ne transige jamais en automne : une veste qui laisse passer l’humidite se paie cash au bout de deux heures de marche sous un ciel gris.

Je glisse aussi un foulard en laine plutot qu’en soie a cette periode, plus efficace contre le vent frais qui s’installe des le milieu d’octobre, notamment dans les villes traversees par un fleuve ou proches d’un littoral.

Les chaussures, encore la priorite numero un

Pour un city trip d’automne, je choisis systematiquement des chaussures impermeables a semelle un peu epaisse, capables de gerer des paves mouilles et des trottoirs jonches de feuilles glissantes. J’ai appris cette lecon a mes depens a Gand, ou une paire de baskets en toile m’a laissee avec des chaussettes trempees pendant deux jours consecutifs, faute de temps de sechage entre les visites.

Une deuxieme paire plus legere reste utile pour les rares apres midis ou le soleil tient bon, mais elle ne remplace jamais la paire impermeable qui doit etre prete des le premier jour, sans periode d’adaptation.

Les couleurs sombres, un choix pratique autant qu’esthetique

J’ai remarque que je pars presque toujours avec une palette de vetements plus sombres a l’automne, pas seulement parce que ca s’accorde avec les feuilles rousses et les facades en pierre, mais parce que ca cache mieux les projections de pluie et de boue sur un pantalon apres une journee de marche. Un jean fonce ou un pantalon marron survit bien mieux visuellement a une averse qu’un pantalon clair, qui garde des marques longtemps apres avoir seche.

L’automne recompense les vetements qui pardonnent, pas ceux qui exigent d’etre parfaits toute la journee.

Les marches et les vendanges, un cas a part

Quand mon automne inclut une escale dans une region viticole, comme autour de Beaune ou dans le Medoc pendant la periode des vendanges tardives, j’ajoute un pantalon plus resistant que mes tenues habituelles de ville. Les rangs de vigne restent humides le matin, et marcher entre les ceps demande des chaussures fermees plutot que les baskets legeres reservees aux rues pavees.

Pour les marches de producteurs, souvent installes en plein air jusqu’a la mi novembre, je garde toujours des gants fins dans une poche exterieure du sac, faciles a enfiler et retirer sans devoir tout deballer pendant que je choisis des champignons ou des chataignes sur un etal.

Un detail qui change tout : le sac lui meme

Je privilegie un sac a dos avec une housse de pluie integree ou glissee dans une poche laterale, plutot qu’un sac que je dois proteger avec un plastique improvise. En automne, la pluie arrive souvent sans prevenir, et avoir cette housse a portee de main en dix secondes evite de mouiller un appareil photo ou un carnet de notes, ce qui m’est arrive une fois a Rouen et que je n’ai jamais oublie depuis.

Secher ses affaires sans chambre equipee

Un probleme que je ne prends en compte que depuis peu, c’est le sechage. Une veste ou une paire de baskets trempees a dix sept heures doivent pouvoir secher avant le lendemain matin, et toutes les chambres n’ont pas de radiateur pratique ou de fenetre entrouvrable en toute securite. J’emporte desormais quelques feuilles de papier journal pliees dans une pochette, glissees a l’interieur des chaussures mouillees le soir : ca absorbe l’humidite bien plus vite qu’un simple sechage a l’air libre, une astuce transmise par une aubergiste a Annecy qui m’a evite plus d’une matinee a repartir avec des chaussures encore froides et humides.

Je pars aussi avec un tee shirt technique de rechange, roule au fond du sac, jamais porte sauf en cas d’averse vraiment traversante. C’est une piece que j’oublie neuf fois sur dix, mais celle qui sauve la dixieme fois, quand le vent a fini par passer a travers trois couches en meme temps a Bruxelles, un jour de novembre ou je n’avais clairement pas pris la mesure du crachin local.

Ma liste de base pour un city trip d’automne de cinq jours

  • Deux tee shirts manches longues et un pull en laine fine
  • Une veste vraiment impermeable, pas juste coupe vent
  • Un foulard en laine et des gants fins
  • Une paire de chaussures impermeables et une paire legere de secours
  • Un pantalon fonce et resistant, utile en ville comme a la campagne

Ce que j’aime dans la valise d’automne, c’est qu’elle m’oblige a choisir des vetements polyvalents plutot que des pieces uniques pour un seul usage. C’est une saison qui pousse a la simplicite, parce que le temps change trop vite pour qu’on puisse tout prevoir a l’avance. Et curieusement, c’est souvent la valise la plus legere de l’annee que je referme, malgre le nombre de couches qu’elle contient.

La lettre de saison

Une lettre au changement de saison

Quatre fois par an, je résume ce qui vaut le détour dans les trois mois qui viennent : où partir, quelle semaine viser, quoi emporter.

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